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  • Nathalie Ghysdaal

Injonctions parentales : influences sur nos choix professionnels et notre conception du travail.

Enfant, on se construit avec les modèles que l'on a autour de soi : ce que les figures parentales et l'entourage proche font comme métier, ce qu'ils disent du travail de manière générale et de leur travail en particulier, la manière dont ils commentent, critiquent ou envient la fonction ou le métier des autres et tout ce que l'on observe de leurs comportements et de leurs contradictions...

Imaginez un enfant auquel ses parents disent régulièrement qu'il doit bien travailler à l'école pour avoir un bon métier dans la vie. De son côté, l'enfant observe que ses parents sont épuisés le soir, qu'ils passent une grande partie des dîners à raconter à quel point leur boulot est horrible, comment leur chef leur pourrit la vie...Que va-t-il en déduire ?

Imaginez cet autre, à qui l'on affirme " Il faut travailler, c'est important ! ", et qui voit son père passer l'essentiel de son temps au bureau, le soupçonnant même de prendre parfois le prétexte du travail pour ne pas rentrer à la maison. Ne va-t-il pas intégrer que le travail est si important qu'il est plus précieux que le temps passé en famille, voire qu'il empêche d'avoir une vie de famille ?

Quand à la petite fille à laquelle sa mère explique qu'il faut avoir un travail pour être indépendante, alors qu'elle même a quitté le sien pour s'occuper de ses enfants...La voilà coincée entre l'idée que pour être une bonne mère il faut cesser de travailler mais que pour vivre librement, il faut avoir un métier. Ah !

On voit qu'il y a d'un côté ce que les figures parentales disent du travail d'une façon consciente, et d'un autre côté ce qu'elles en montrent, et qui se joue donc au niveau inconscient.


Dans la plupart des familles, une frontière est ainsi marquée entre le champ des possibles - telle école, tel métier, telle position...Et le champ des interdits - inenvisageable d'être artiste ou commerçant, par exemple. Ces frontières opèrent même souvent de manière implicite, puisqu'elles font tellement partie du cadre de référence que les interdits ne sont pas pensés comme tels : ce sont tout simplement des options inexistantes, hors champ.

Il se peut ainsi que les parents affirment avec bienveillance " Tu feras ce que tu veux plus tard " et que lors des discussions quotidiennes, ils envoient des messages du type : " Les fonctionnaires sont vraiment des planqués " ; " Je ne sais pas pourquoi on donne la parole aux sportifs, ils sont tous stupides " ; " Un artiste, soit c'est un génie, soit c'est un raté ..." Ainsi, le créneau des possibles se réduit à vue d'oeil, sans que cela soit formulé de façon explicite.

Il se peut aussi qu'un père qui gagne bien sa vie et souhaite que sa femme reste à la maison tienne des propos qui dénigrent le métier qu'elle exerce : " Mais pourquoi tu continues à travailler si c'est pour gagner des clopinettes ! ". Le message que l'enfant reçoit alors, c'est qu'un métier qui ne rapporte pas assez d'argent ne vaut rien.

Enfant, on se construit avec les modèles que l'on a autour de soi : ce que les figures parentales et l'entourage proche font comme métier, ce qu'ils disent du travail de manière générale et de leur travail en particulier, la manière dont ils commentent, critiquent ou envient la fonction ou le métier des autres et tout ce que l'on observe de leurs comportements et de leurs contradictions...Ces messages peuvent être émis de manière directe, ou bien transmis de manière plus insidieuse. Mais quels qu'ils soient, l'enfant en retire une impression, un ressenti, qui va s'imprimer en lui et contribuer à poser les bases de sa vision du monde...Et vous, quelles est votre vision à vous ?

Un article rédigé par Nathalie Ghysdaal, fondatrice du cabinet " Second Life Today ".

Le cabinet " Second Life Today " accompagne les personnes et les organisations en période de transition. Le cabinet est agréé par la Région Wallonne pour les services de placement & outplacement, (ré)insertion professionnelle, sélection & recrutement. Pour demander un rendez-vous, cliquez ici.






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